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Guy de Maupassant

GUY DE MAUPASSANT

"Una viuda - Une veuve"

Biografía de Guy de Maupassant en Wikipedia 
UNA VIUDA Audiolibro y libro en EspañolAudiolibro
GUY DE MAUPASSANT
 
OTROS OBRAS DE MAUPASSANT
Amor
Carta que se encontró a un ahogado
Confesiones de una mujer 
El asesino
El ciego
El collar
El horla
El miedo
El velatorio
Encuentro
En el bosque  
La cita
La madre loca
La muerte
La noche 
La tumba 
Los suicidas 
Magnetismo
Nochebuena  
Sueños  
Una vendetta
Una viuda
Un extraño relato de Navidad
 
AUTORES FRANCESES

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Guy de Maupassant

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Voltaire

 

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Historias de miedo y terror

Textos Paralelos Bilingües

UNA VIUDA
UNE VEUVE
Ocurrió el suceso, durante la  época de caza, en el Castillo de  Banneville. El otoño era lluvioso y triste; las hojas secas, en vez de crujir bajo los pies, se pudrían en las rodadas de los caminos empapadas por los aguaceros. C'était pendant la saison des chasses, dans le château de Banneville. L'automne était pluvieux et triste. Les feuilles rouges, au lieu de craquer sous les pieds, pourrissaient dans les ornières, sous les lourdes averses.
Casi desnudo ya de hojas, el bosque desprendía humedad como una sala de baños. Al penetrar en él, se sentía bajo los árboles, azotados por los chubascos, un tufo mohoso, un vaho de agua pantanosa, de hierbas humedecidas, de tierra mojada, y los cazadores, abrumados por aquella inundación continua; los perros, macilentos, con el rabo entre las patas y el pelo pegado sobre los lomos, y las jóvenes cazadoras, con los vestidos calados por la lluvia, regresaban todas las tardes, fatigadas de cuerpo y alma.    La forêt, presque dépouillée, était humide comme une salle de bains. Quand on entrait dedans, sous les grands arbres fouettés par les grains, une odeur moisie, une buée d'eau tombée, d'herbes trempées, de terre mouillée, vous enveloppait; et les tireurs, courbés sous cette inondation continue, et les chiens mornes, la queue basse et le poil collé sur les côtes, et les jeunes chasseresses en leur taille de drap collante et traversée de pluie, rentraient chaque soir las de corps et d'esprit. 
Después de comer, en el gran salón jugaban a la lotería, displicentes y sin animación, mientras el viento empujaba con violencia los postigos y hacia girar las veletas como un trompo. Quisieron entretenerse narrando cuentos, como dicen las novelas que se hace; pero a ninguno se le ocurrió nada que distrajera. Los cazadores explicaban aventuras a escopetazos, matanzas de conejos, y las mujeres se quebraban la cabeza sin hallar algo semejante a la imaginación de Scheherezade.    Dans le grand salon, après dîner, on jouait au loto, sans plaisir, tandis que le vent faisait sur les volets des poussées bruyantes et lançait les vieilles girouettes en des tournoiements de toupie. On voulut alors conter des histoires, comme il est dit en des livres; mais personne n'inventait rien d'amusant. Les chasseurs narraient des aventures à coups de fusil, des boucheries de lapins; et les femmes se creusaient la tête sans y découvrir jamais l'imagination de Schéhérazade. 
Se disponían a buscar otra diversión, cuando una muchacha, jugando distraídamente con la mano de una tía suya, vieja solterona, tropezó en una sortija hecha con cabellos rubios, que había visto ya otras veces sin que fijara su atención, y haciéndola girar en el dedo, preguntó:    On allait renoncer à ce divertissement, quand une jeune femme, en jouant, sans y penser, avec la main d'une vieille tante restée fille, remarqua une petite bague faite avec des cheveux blonds, qu'elle avait vue souvent sans y réfléchir. Alors, en la faisant rouler doucement autour du doigt, elle demanda:
-Dime, tía: ¿qué significa esto? Parece pelo de niño. La señorita se ruborizó, luego palideció y dijo al fin con voz temblorosa:-Es una historia tan triste, tan triste, que jamás quiero referirla, porque originó la desgracia de toda una vida. Entonces era yo muy joven, pero me ha quedado un recuerdo tan doloroso, que aún me hace llorar.
  «Dis donc, tante, qu'est-ce que c'est que cette bague? On dirait des cheveux d'enfant...» La vieille demoiselle rougit, pâlit; puis, d'une voix tremblante: «C'est si triste, si triste, que je n'en veux jamais parler. Tout le malheur de ma vie vient de là. J'étais toute jeune alors, et le souvenir m'est resté si douloureux que je pleure chaque fois en y pensant.»
Todos quisieron conocer la historia, pero la solterona se negaba a explicarla; por fin, tanto y tanto le rogaron, que la explicó.   On voulut aussitôt connaître l'histoire; mais la tante refusait de la dire; on finit enfin par la prier tant qu'elle se décida.
-Ustedes me han oído hablar muchas veces de la familia Santéze, ya extinguida. Yo he conocido a  los tres últimos hombres de la casa; los tres murieron de igual manera; este pelo es del último, que a los trece años se mató por mi. Les parece a ustedes  raro, ¿verdad?   «Vous m'avez souvent entendu parler de la famille de Santèze, éteinte aujourd'hui. J'ai connu les trois derniers hommes de cette maison. Ils sont morts tous les trois de la même façon; voici les cheveux du dernier. Il avait treize ans, quand il s'est tué pour moi. Cela vous paraît étrange, n'est-ce pas?

"¡Oh!, era una raza original, raza de locos acaso, pero de una locura encantadora: eran locos de amor. Todos, de padres a hijos, tenían pasiones violentas, ímpetus que los lanzaban a las más extraordinarias empresas, a fanáticos sacrificios, a criminales intentos. El amor era en su familia tan exaltado como la piedad lo es en ciertas almas. Los trapenses no tienen la misma naturaleza que los trasnochadores.
"Entre los parientes se decía: «Enamorado como un Santéze.» Su aspecto los delataba; tenían el pelo ondulado, sobre la frente; la barba, rizada; rasgados los ojos, y sus penetrantes miradas eran perturbadoras.

  «Oh! c'était une race singulière, des fous, si l'on veut, mais des fous charmants, des fous par amour. Tous, de père en fils, avaient des passions violentes, de grands élans de tout leur être qui les poussaient aux choses les plus exaltées, aux dévouements fanatiques, même aux crimes. C'était en eux, cela, ainsi que la dévotion ardente est dans certaines âmes. Ceux qui se font trappistes n'ont pas la même nature que les coureurs de salon.
On disait dans la parenté: «Amoureux comme un Santèze.» Rien qu'à les voir, on le devinait. Ils avaient tous les cheveux bouclés, bas sur le front, la barbe frisée, et des yeux larges, larges, dont le rayon entrait dans vous, et vous troublait sans qu'on sût pourquoi.
"El abuelo del último, cuyo recuerdo conservo, después de muchas aventuras, raptos y desafíos, a los sesenta y cinco años se enamoró perdidamente de la hija de su colono. He conocido a los dos. Ella era rubia, pálida, fina; hablaba lentamente con voz suave, y su mirada era dulce, tan dulce como la de una Virgen. El anciano se la llevó consigo, y se sintió tan cautivado por la moza, que no podía estar un minuto sin ella. Su hija y su nuera, viviendo en el castillo, encontraban aquello muy corriente; hasta ese punto era el amor tradicional en la familia. Tratándose de apasionamientos, nada podía sorprenderlas, y si se hablaba en su presencia de inclinaciones contrariadas, de amantes desunidos y hasta de venganzas que siguieron a traiciones amorosas, decían las dos con el mismo tono compasivo: «¡Ah! ¡Cuánto habrá sufrido para llegar a ese extremo!» Y nada más. Los dramas del corazón las emocionaban, pero no las indignaban nunca, aun cuando fuesen verdaderos crímenes.   «Le grand-père de celui dont voici le seul souvenir, après beaucoup d'aventures, et des duels et des enlèvements de femmes, devint passionnément épris, vers soixante-cinq ans, de la fille de son fermier. Je les ai connus tous les deux. Elle était blonde, pâle, distinguée, avec un parler lent, une voix molle et un regard si doux, si doux, qu'on l'aurait dit d'une madone. Le vieux seigneur la prit chez lui, et il fut bientôt si captivé qu'il ne pouvait se passer d'elle une minute. Sa fille et sa belle-fille, qui habitaient le château, trouvaient cela naturel, tant l'amour était de tradition dans la maison. Quand il s'agissait de passion, rien ne les étonnait, et, si l'on parlait devant elles de penchants contrariés, d'amants désunis, même de vengeance après les trahisons, elles disaient toutes les deux, du même ton désolé: «Oh! comme il (ou elle) a dû souffrir pour en arriver là!» Rien de plus. Elles s'apitoyaient toujours sur les drames du coeur et ne s'en indignaient jamais, même quand ils étaient criminels.
"Un otoño, el joven señor de Gradelle, que había sido invitado a cazar, se llevó a la moza.
El señor de Santéze pareció tranquilo, como si nada hubiese pasado; pero a los pocos días lo encontraron ahorcado en una cuadra.
Su hijo murió de igual modo, en un hotel de Paris, durante un viaje que hizo en mil ochocientos cuarenta y uno, después de haber sido burlado por una cantante de ópera.
Dejó un hijo de doce años y una viuda, hermana de mi madre. Los dos se fueron a vivir a casa, en nuestras posesiones de Bertillón. Entonces tenía yo diecisiete años.
  «Or, un automne, un jeune homme, M. de Gradelle, invité pour la chasse, enleva la jeune fille.
«M. de Santèze resta calme, comme s'il ne s'était rien passé; mais, un matin, on le trouva pendu dans le chenil, au milieu des chiens.
«Son fils mourut de la même façon, dans un hôtel, à Paris, pendant un voyage qu'il fit en 1841, après avoir été trompé par une chanteuse de l'Opéra.
«Il laissait un enfant âgé de douze ans, et une veuve, la soeur de ma mère. Elle vint avec le petit habiter chez mon père, dans notre terre de Bertillon. J'avais alors dix-sept ans.
"No pueden ustedes figurarse la precocidad asombrosa de aquel niño. Parecía que toda la ternura, toda la exaltación de su raza se habían condensado en aquel último vástago. Deliraba siempre y se paseaba solo, durante horas y horas, por una calle de olmos, del castillo al bosque. Yo lo contemplaba desde mi balcón andar lentamente, con las manos a la espalda, la cabeza inclinada y deteniéndose de trecho en trecho para levantar los ojos, cual si percibiera, comprendiera y sintiera emociones impropias de su edad.   «Vous ne pouvez vous figurer quel étonnant et précoce enfant était ce petit Santèze. On eût dit que toutes les facultés de tendresse, que toutes les exaltations de sa race étaient retombées sur celui-là, le dernier. Il rêvait toujours et se promenait seul, pendant des heures, dans une grande allée d'ormes allant du château jusqu'au bois. Je regardais de ma fenêtre ce gamin sentimental, qui marchait à pas graves, les mains derrière le dos, le front penché, et, parfois, s'arrêtait pour lever les yeux comme s'il voyait et comprenait, et ressentait des choses qui n'étaient point de son âge.
"Muchas veces, después de comer, en las noches claras, me decía: «Prima, vamos a soñar...» Y salíamos juntos al parque. Se detenía bruscamente al llegar a una plazoleta, donde flotaba como neblina ligera y blanca el claror de luna, y me decía oprimiéndome las manos: «Mira, mira. Pero tú no me comprendes, lo adivino; si me comprendieras, seríamos felices. Es necesario amar para comprender.» Yo reía y besaba tiernamente al niño, amante hasta morir.    «Souvent, après le dîner, par les nuits claires, il me disait: «Allons rêver, cousine...» Et nous partions ensemble dans le parc. Il s'arrêtait brusquement devant les clairières où flottait cette vapeur blanche, cette ouate dont la lune garnit les éclaircies des bois; et il me disait, en me serrant la main: «Regarde ça, regarde ça. Mais tu ne me comprends pas, je le sens. Si tu me comprenais, nous serions heureux. Il faut aimer pour savoir.» Je riais et je l'embrassais, ce gamin, qui m'adorait à en mourir.
"Con frecuencia, durante la velada se sentaba sobre las rodillas de mi madre, diciéndole: «Vamos, tía, cuéntanos historias de amor.» Mi madre, para entretenerle, le refería todas las leyendas de su familia, todas las apasionadas aventuras de sus antecesores, pues eran muchas las que se contaban, verdaderas y falsas. Fue su misma fama lo que perdió a todos los hermanos Santéze; se exaltaban y se enorgullecían de no desmentir el renombre de su casa.   «Souvent aussi, après le dîner, il allait s'asseoir sur les genoux de ma mère. «Allons, tante, lui disait-il, raconte-nous des histoires d'amour.» Et ma mère, par plaisanterie, lui disait toutes les légendes de sa famille, toutes les aventures passionnées de ses pères; car on en citait des mille et des mille, de vraies et de fausses. C'est leur réputation qui les a tous perdus, ces hommes; ils se montaient la tête et se faisaient gloire ensuite de ne point laisser mentir la renommée de leur maison.
"El niño se entusiasmaba con los relatos amorosos o terribles, y aplaudía, exclamando:
« ¡Yo también, yo también sé amar, y mejor que todos ellos! »
Luego comenzó a galantearme; un galanteo tímido y tierno, del que nos reíamos los demás encontrándolo muy gracioso. Todas las mañanas tenía yo flores, cogidas por él, y todas las noches, antes de retirarse a su habitación, me besaba la mano murmurando: «¡Te amo!»
  «Il s'exaltait, le petit, à ces récits tendres ou terribles, et parfois il tapait des mains en répétant: «Moi aussi, moi aussi, je sais aimer mieux qu'eux tous!»
«Alors il me fit la cour, une cour timide et profondément tendre dont on riait, tant c'était drôle. Chaque matin, j'avais des fleurs cueillies par lui, et chaque soir, avant de remonter dans sa chambre, il me baisait la main en murmurant: «Je t'aime!»
"Fui culpable, muy culpable; lloro sin cesar por ello, y por ello toda mi vida hice penitencia, quedando soltera o, mejor dicho, novia y viuda: su viuda. Me divertía con aquella pueril ternura, hasta la excitaba; fui coqueta, seductora, como si se tratase de un hombre; fui pérfida y atractiva. Enloquecí al pobre niño. Era un juego para mí y una distracción alegre para nuestras madres. ¡Figúrense ustedes, tenía doce años! ¡Quién habría tomado en serio aquella pasión infantil ¡A su ruego, yo lo besaba y escribía para él cartas amorosas que leían nuestras madres; me contestaba en cartas ardientes que aún conservo. El desgraciado creía secreta nuestra intimidad amorosa, juzgándose un hombre. ¡Todos habíamos olvidado que era un Santéze!    «Je fus coupable, bien coupable, et j'en pleure encore sans cesse, et j'en ai fait pénitence toute ma vie, et je suis restée vieille fille, -- ou plutôt non, je suis restée comme fiancée-veuve, veuve de lui. Je m'amusai de cette tendresse puérile, je l'excitais même; je fus coquette, séduisante, comme auprès d'un homme, caressante et perfide. J'affolai cet enfant. C'était un jeu pour moi, et un divertissement joyeux pour sa mère et pour la mienne. Il avait douze ans! Songez! qui donc aurait pris au sérieux cette passion d'atome! Je l'embrassais tant qu'il voulait; je lui écrivis même des billets doux que lisaient nos mères; et il me répondait des lettres, des lettres de feu, que j'ai gardées. Il croyait secrète notre intimité d'amour, se jugeant un homme. Nous avions oublié qu'il était un Santèze!
"Aquello duró casi un año. Una noche, en el parque, arrodillándose ante mí y besando el borde de mi vestido en un arranque furioso, repetía: «¡Te amo! ¡Te amo! ¡Te amaré hasta muerte! Si algún día me burlas, óyelo bien, si me abandonas por otro, haré como mi padre... » Y añadió con voz firme, que hacía estremecer: «Ya sabes lo que hizo.»    «Cela dura près d'un an. Un soir, dans le parc, il s'abattit à mes genoux et, baisant le bas de ma robe avec un élan furieux, il répétait: «Je t'aime, je t'aime, je t'aime à en mourir. Si tu me trompes jamais, entends-tu, si tu m'abandonnes pour un autre, je ferai comme mon père...» Et il ajouta d'une voix profonde à donner un frisson: «Tu sais ce qu'il a fait!»
"Viendo mi sorpresa se levantó y, alzándose sobre las puntas de los pies para llegar hasta mi oído -pues no era tan alto como yo-, moduló mi nombre: «¡Genoveva!» con voz tan suave, tan amorosa, que me hizo temblar de pies a cabeza.
Yo murmuré: «Retirémonos, retirémonos.» Él me siguió en silencio, pero al llegar junto a la escalinata, me detuvo para decirme: «Ya sabes que si me abandonas, me mato.»
  «Puis, comme je restais interdite, il se releva, et se dressant sur la pointe des pieds pour arriver à mon oreille, car j'étais plus grande que lui, il modula mon nom, mon petit nom: «Geneviève!» d'un ton si doux, si joli, si tendre, que j'en frissonnai jusqu'aux pieds.
«Je balbutiais: «Rentrons, rentrons!» Il ne dit plus rien et me suivit; mais, comme nous allions gravir les marches du perron, il m'arrêta: «Tu sais, si tu m'abandonnes, je me tue.»
"Entonces comprendí que había llegado muy lejos y procuré mostrarme reservada. Un día en que me reprochó mi conducta le dije: «Eres ya poco niño para jugar así con una mujer, y poco hombre para enamorarla. Esperemos.»
En otoño le pusieron interno en un colegio. Cuando volvió en el verano siguiente yo tenía novio. Él lo comprendió al punto, y durante ocho días lo vi tan reflexivo que me tuvo inquieta.
Al día noveno, cuando desperté, vi un papel echado por debajo de la puerta. Lo cogí, lo abrí, leyendo lo siguiente: «Me has abandonado y ya sabes lo que te dije. Has decretado mi muerte. Como quiero que seas tú quien me encuentre, baja al parque, acércate al mismo lugar donde el año pasado te dije que te adoraba y mira hacia arriba.»
  «Je compris, cette fois, que j'avais été trop loin, et je devins réservée. Comme il m'en faisait, un jour, des reproches, je répondis: «Tu es maintenant trop grand pour plaisanter, et trop jeune pour un amour sérieux. J'attends.»«Je m'en croyais quitte ainsi.
 «On le mit en pension à l'automne. Quand il revint l'été suivant, j'avais un fiancé. Il comprit tout de suite, et garda pendant huit jours un air si réfléchi que je demeurais très inquiète.
«Le neuvième jour, au matin, j'aperçus, en me levant, un petit papier glissé sous ma porte. Je le saisis, je l'ouvris, je lus: «Tu m'as abandonné, et tu sais ce que je t'ai dit. C'est ma mort que tu as ordonnée. Comme je ne veux pas être trouvé par un autre que par toi, viens dans le parc, juste à la place où je t'ai dit, l'an dernier, que je t'aimais, et regarde en l'air.»
"Creí volverme loca. Me vestí de prisa y corrí sin detenerme, al lugar indicado. Su gorrita de colegial estaba en el suelo, en el barro, porque durante la noche había llovido. Levanté los ojos y distinguí algo que se mecía entre las ramas al impulso del viento.
No sé lo que hice luego. Debí de gritar, desvanecerme, desplomarme o correr al castillo. Cuando recobré los sentidos, estaba en mi cama, con mi madre a la cabecera.
Creí que todo aquello lo había soñado en un delirio horroroso, y pregunté: «¿Y él?... ¿Y él?» No me contestaron. ¡Era verdad!
  «Je me sentais devenir folle. Je m'habillai vite et vite, et je courus, je courus à tomber épuisée, jusqu'à l'endroit désigné. Sa petite casquette de pension était par terre, dans la boue. Il avait plu toute la nuit. Je levai les yeux et j'aperçus quelque chose qui se berçait dans les feuilles, car il faisait du vent, beaucoup de vent.
«Je ne sais plus, après ça, ce que j'ai fait. J'ai dû hurler d'abord, m'évanouir peut-être, et tomber, puis courir au château. Je repris ma raison dans mon lit, avec ma mère à mon chevet.
  «Je crus que j'avais rêvé tout cela dans un affreux délire. Je balbutiai: «Et lui, lui, Gontran?...» On ne me répondit pas. C'était vrai.
"No me atreví a verlo otra vez, pero pedí un mechón de sus cabellos. Esto..., esto..."   «Je n'osai pas le revoir; mais je demandai une longue mèche de ses cheveux blonds. La... la... voici...»
Y la vieja señorita, con ademán desesperado, alargaba su mano temblorosa.   Et la vieille demoiselle tendait sa main tremblante dans un geste désespéré.

Luego se sonó repetidas veces, se limpió los ojos y añadió: -Sin decir la causa, renuncié al matrimonio, decidiendo ser para siempre... la..., la viuda de aquel niño de trece años. Después inclinó la cabeza sobre su pecho y quedó llorando largo rato.

  Puis elle se moucha plusieurs fois, s'essuya les yeux et reprit: «J'ai rompu mon mariage... sans dire pourquoi... Et je... je suis restée toujours... la... la veuve de cet enfant de treize ans.» Puis sa tête tomba sur sa poitrine et elle pleura longtemps des larmes pensives.
Cuando se retiraban todos a sus habitaciones para dormir, un grueso cazador, cuya tranquilidad habitual se había perturbado con aquella historia, murmuró al oído de su vecino:   Et, comme on gagnait les chambres pour dormir, un gros chasseur dont elle avait troublé la quiétude souffla dans l'oreille de son voisin:
-¿No es una desdicha ser sentimental hasta ese punto?   – N'est-ce pas malheureux d'être sentimental à ce point-là!
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