AlbaLearning - Audiolibros y Libros - Learn Spanish

| HOME | AUDIOLIBROS | AMOR | ERÓTICA | HUMOR | INFANTIL | MISTERIO | POESÍA | NO FICCIÓN | BILINGUAL | VIDEOLIBROS | NOVEDADES |


Guy de Maupassant en AlbaLearning

Guy de Maupassant

"Rêves"

Biografía de Guy de Maupassant en Wikipedia

 
Rêves
OBRAS DEL AUTOR

Español

Amor
Carta que se encontró a un ahogado
Confesiones de una mujer
El asesino
El ciego
El collar
El horla
El miedo
Elvelatorio (Velando un cadáver)
Encuentro
En el bosque
La cita
La madre loca
La muerte
La noche
La tumba
Las joyas
Los suicidas
Magnetismo
Nochebuena
Sueños
Una vendetta
Una viuda
Un extraño relato de Navidad

Otros idiomas:

Cuentos en francés e inglés
Textos paralelos bilingües

ESCRITORES FRANCESES

Alphonse Daudet
Alejandro Dumas
Alfred de Musset
Antoine de Saint Exupéry
Anatole France
Arthur Rimbaud
Catulle Mendes
Charles Baudelaire
Charles Nodier
Charles Perrault
Colette, Sidonie Gabrielle
Émile Zola
François de la Rochefoucauld
Frédéric Mistral
George Sand
Gustave Flaubert
Honoré de Balzac
Jean-Baptiste Alphonse Karr
Jean de la Fontaine
Jules Renard
Guillaume Apollinaire
Guy de Maupassant
Marqués de Sade
Pierre Loti
Remy de Gourmont
René Descartes
René Maizeroy
Reverdy, Pierre
Sully Prudhomme
Verne, Julio
Victor Hugo
Voltaire

 

LE PUEDE INTERESAR
Cuentos Infantiles y juveniles
Misterio y Terror
Textos Bilingúes
 

C'était après un dîner d'amis, de vieux amis. Ils étaient cinq : un écrivain, un médecin et trois célibataires riches, sans profession.

On avait parlé de tout, et une lassitude arrivait, cette lassitude qui précède et décide les départs après les fêtes. Un des convives qui regardait depuis cinq minutes, sans parler, le boulevard houleux, étoilé de becs de gaz et bruissant, dit tout à coup :

- Quand on ne fait rien du matin au soir, les jours sont longs.

- Et les nuits aussi, ajouta son voisin. Je ne dors guère, les plaisirs me fatiguent, les conversations ne varient pas ; jamais je ne rencontre une idée nouvelle, et j'éprouve, avant de causer avec n'importe qui, un furieux désir de ne rien dire et de ne rien entendre. Je ne sais que faire de mes soirées.

Et le troisième désoeuvré proclama :

- Je paierais bien cher un moyen de passer, chaque jour, seulement deux heures agréables.

Alors l'écrivain, qui venait de jeter son pardessus sur son bras, s'approcha.

- L'homme, dit-il, qui découvrirait un vice nouveau, et l'offrirait à ses semblables, dût-il abréger de moitié leur vie, rendrait un plus grand service à l'humanité que celui qui trouverait le moyen d'assurer l'éternelle santé et l'éternelle jeunesse.

Le médecin se mit à rire ; et, tout en mâchonnant un cigare :

- Oui, mais ça ne se découvre pas comme ça. On a pourtant rudement cherché et travaillé la matière depuis que le monde existe. Les premiers hommes sont arrivés, d'un coup, à la perfection dans ce genre. Nous les égalons à peine.

Un de ces trois désoeuvrés murmura :

- C'est dommage !

Puis au bout d'une minute il ajouta :

- Si on pouvait seulement dormir, bien dormir sans avoir chaud ni froid, dormir avec cet anéantissement des soirs de grande fatigue, dormir sans rêves.

- Pourquoi sans rêves ? demanda le voisin.

L'autre reprit :

- Parce que les rêves ne sont pas toujours agréables, et que toujours ils sont bizarres, invraisemblables, décousus, et que, dormant, nous ne pouvons même savourer les meilleurs à notre gré. Il faut rêver éveillé.

- Qui vous en empêche ? interrogea l'écrivain.

Le médecin jeta son cigare.

- Mon cher, pour rêver éveillé, il faut une grande puissance et un grand travail de volonté, et, partant, une grande fatigue en résulte. Or le vrai rêve, cette promenade de notre pensée à travers des visions charmantes, est assurément ce qu'il y a de plus délicieux au monde ; mais il faut qu'il vienne naturellement, qu'il ne soit pas péniblement provoqué et qu'il soit accompagné d'un bien-être absolu du corps. Ce rêve-là, je peux vous l'offrir, à condition que vous me promettiez de n'en pas abuser.

L'écrivain haussa les épaules :

- Ah ! oui, je sais, le haschich, l'opium, la confiture verte, les paradis artificiels. J'ai lu Baudelaire ; et j'ai même goûté la fameuse drogue, qui m'a rendu fort malade.

Mais le médecin s'était assis :

- Non, l'éther, rien que l'éther, et j'ajoute même que vous autres, hommes de lettres, vous en devriez user quelquefois.

Les trois hommes riches s'approchèrent. L'un demanda :

- Expliquez-nous-en donc les effets.

Et le médecin reprit :

- Mettons de côté les grands mots, n'est-ce pas ? Je ne parle pas médecine ni morale ; je parle plaisir. Vous vous livrez tous les jours à des excès qui dévorent votre vie. Je veux vous indiquer une sensation nouvelle, possible seulement pour hommes intelligents, disons même : très intelligents, dangereuse comme tout ce qui surexcite nos organes, mais exquise. J'ajoute qu'il vous faudra une certaine préparation, c'est-à-dire une certaine habitude, pour ressentir dans toute leur plénitude les singuliers effets de l'éther.

Ils sont différents des effets du haschich, des effets de l'opium et de la morphine ; et ils cessent aussitôt que s'interrompt l'absorption du médicament, tandis que les autres producteurs de rêveries continuent leur action pendant des heures.

Je vais tâcher maintenant d'analyser le plus nettement possible ce qu'on ressent. Mais la chose n'est pas facile, tant sont délicates, presque insaisissables, ces sensations.

C'est atteint de névralgies violentes que j'ai usé de ce remède, dont j'ai peut-être un peu abusé depuis.

J'avais dans la tête et dans le cou de vives douleurs, et une insupportable chaleur de la peau, une inquiétude de fièvre. Je pris un grand flacon d'éther et, m'étant couché, je me mis à l'aspirer lentement.

Au bout de quelques minutes, je crus entendre un murmure vague qui devint bientôt une espèce de bourdonnement, et il me semblait que tout l'intérieur de mon corps devenait léger, léger comme de l'air, qu'il se vaporisait.

Puis ce fut une sorte de torpeur de l'âme, de bien-être somnolent, malgré les douleurs qui persistaient, mais qui cessaient cependant d'être pénibles. C'était une de ces souffrances qu'on consent à supporter, et non plus ces déchirement affreux contre lesquels tout notre corps torturé proteste.

Bientôt l'étrange et charmante sensation de vide que j'avais dans la poitrine s'étendit, gagna les membres qui devinrent à leur tour légers, légers comme si la chair et les os se fussent fondus et que la peau seule fût restée, la peau nécessaire pour me faire percevoir la douceur de vivre, d'être couché dans ce bien-être. Je m'aperçus alors que je ne souffrais plus. La douleur s'en était allée, fondu aussi, évaporée. Et j'entendis des voix, quatre voix, deux dialogues, sans rien comprendre des paroles. Tantôt ce n'étaient que des sons indistincts, tantôt un mot me parvenait. Mais je reconnus que c'étaient là simplement les bourdonnements accentués de mes oreilles. Je ne dormais pas, je veillais ; je comprenais, je sentais, je raisonnais avec une netteté, une profondeur, une puissance extraordinaires, et une joie d'esprit, une ivresse étrange venue de ce décuplement de mes facultés mentales.

Ce n'était pas du rêve comme avec le haschich, ce n'étaient pas les visions un peu maladives de l'opium c'était une acuité prodigieuse de raisonnement, une nouvelle manière de voir, de juger, d'apprécier les choses de la vie, et avec la certitude, la conscience absolue que cette manière était la vraie.

Et la vieille image de l'Écriture m'est revenue soudain à la pensée. Il me semblait que j'avais goûté à l'arbre de science, que tous les mystères se dévoilaient, tant je me trouvais sous l'empire d'une logique nouvelle, étrange, irréfutable. Et des arguments, des raisonnements, des preuves me venaient en foule, renversés immédiatement par une preuve, un raisonnement, un argument plus fort. Ma tête était devenue le champ de lutte des idées. J'étais un être supérieur, armé d'une intelligence invincible, et je goûtais une jouissance prodigieuse à la constatation de ma puissance...

Cela dura longtemps, longtemps. Je respirais toujours l'orifice de mon flacon d'éther. Soudain, je m'aperçus qu'il était vide. Et j'en ressentis un effroyable chagrin.

***

Les quatre hommes demandèrent ensemble :

- Docteur, vite une ordonnance pour un litre d'éther !

Mais le médecin mit son chapeau et répondit :

- Quant à ça, non ; allez vous faire empoisonner par d'autres !

Et il sortit.

Mesdames et Messieurs, si le coeur vous en dit ?

Inicio
 

Obra en Español

Bilingüe

 
 

Índice del Autor

Cuentos de Amor

Misterio y Terror

 
 
 

¡Nuevos cada día!

NOvedades en AlbaLearning - Nuevos audiolibros cada día


De actualidad
Cuentos de Navidad *
Misterio y terror *
Literatura erótica para adultos. Guentos galantes. *
Cuentos de amor y desamor para San Valentín *
Colección de Poemas *

Fábulas *
Biografías Breves *
Pensamientos, Máximas y Aforismos *
Especiales
Santa Teresa de Jesús
Cervantes
Shakespeare
Rubén Darío
José Echegaray
José Zorrilla
Amado Nervo
Carmen de Burgos
 
Especial
"El artículo 438" de Carmen de Burgos
"Frankenstein" de Mary Shelley
"Las aventuras de Pinocho" de Carlo collodi
"La leyenda de D. Juan Tenorio" de José Zorrilla
AUTORES RECOMENDADOS
Don Quijote - Novelas Ejemplares - Auidiolibro y Libro Gratis en AlbaLearning William Shakespeare - IV Centenario - Audiolibro y Libro Gratis en AlbaLearning Especial de Rubén Darío en AlbaLearning - Centenario Especial Amado Nervo Especial de José Echegaray en AlbaLearning - Centenario II Centenario de José Zorrilla Carmen de Burgos (Colombine) - Audiolibros y Libros Gratis en AlbaLearning
 
ESPECIALES
Esta web utiliza cookies para poder darles una mejor atención y servicio. Si continúa navegando consideramos que acepta su uso.

¿Cómo descargar los audiolibros?

Síganos en:

Síganos en Facebook - Síganos en Twitter - Síganos en Youtube

Deje un mensaje:

Guestbook (Deje su mensaje - Leave your message) Guest-book

Visítenos también en:

Blog  

Podcast Audiolibros

©2018 AlbaLearning (All rights reserved)